( 23 février, 2009 )

PRESENTATION & PREFACE

  

     sheherazade       

                 

الف  ليلة و ليلة       

   

                                       

LES MILLE

        ET UNE NUITS                            

                                                             

                                                                                        

                         

                           بسم الله الرحمن الرحيم                                              

   Au nom de Dieu  

  Le Clément 

 Le Miséricordieux                                                                                                                                                                                             

     

                                                                                                                                         

 

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PREFACE

 

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LES MILLE ET UNE NUITS 

Le nom seul suffit comme introduction, et il indique ainsi l’étendue du déroulement de cette œuvre immortelle. Les  publications arabes ayant disparu, son édition a circulé, nouvelle et ancienne, en vue du renouvellement de son impression  dans la totalité des capitales du monde, s’agissant simplement d’un engouement pour sa traduction dans différentes langues pour lesquelles nous accorderons  une mention particulière pour les traducteurs Français et Anglais. 

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QU’EST-CE QUE LES MILLE ET UNE NUITS ?

 C’est le meilleur livre de  la publication littéraire  Arabe en terme de sources vivantes et concrètes, pour ce qu’il renferme comme  poèmes, pour ce qu’il mentionne comme récits et narrations que nous connaissons de l’histoire ancienne, et comme coutumes qui ont pu avoir  une influence sociale, culturelle ou scientifique. 

Il est rare de voir un ensemble d’histoires aussi étranges et différentes dans un même livre. 

Il aborde des nouvelles  émanant  de  rois et de fils de rois, de vizirs (*) et de wallys (**), de  communautés  d’ hommes ou  de  génies (***), de sultans (****) et de fils du peuple, d’hommes et d’ animaux, de voleurs et d’ assassins, de brigands et de tricheurs, d’ hommes de foi et d’ hommes ignominieux, de mécréants et de dévots. Elles viennent de  livres de poètes, d’hommes de loi, de lettrés, de médecins et  sont destinées  à  des  marchands ou  des artisans. Elles  viennent  des anciens et des vieillards à l’intention des jeunes gens et des adolescents. Elles viennent de  gens rustres  à l’intention de gens intelligents. Elles viennent  d’amoureux passionnés à l’intention d’ennemis violents.  Elles viennent  de princes despotiques envers leurs sujets constitués de mille et une sortes d’individus. 

Il renferme des informations au sujet des femmes, ce qui est un plaisir tout a la fois pour le cœur et pour l’esprit. Elles viennent  des reines, des princesses et des mères envers des épouses, des sœurs et des filles. Elles viennent de celles qui sont malicieuses, dépravées, proxénètes envers celles qui sont des voleuses expertes, des meneuses séduisantes. 

Il contient des informations au sujet des animaux, qui regroupées dans ce livre, ont pour but d’indiquer l’une des sources de la science.

Il comporte des informations émanant de royaumes  pour lesquelles tous les rois éprouvent une profonde émotion.  Il contient des choses qui nous donnent à lire des histoires venant de loin et du bout du monde, au sujet de la mer, de la montagne, des plaines et des vallées, des maquis et des forets, des cavernes et des  rochers,   de corridors et d’intrigues, d’ambiances et de dépenses faramineuses, de villages et de villes, d’éminents palais, et de vastes espaces perdus dans des déserts de songes et des rêve.

Cette création prodigieuse comporte les plus colorées des descriptions au sujet  d’hommes et d’animaux, de palais et de maisons, d’anneaux magiques, d’amphores de Salomon (*****), de tapis volants, de démons, de génies et d’esprits, d’espions et d’oiseaux, de bijoux et de divinités. Ils sont tous compris dans ce qui y est inséré comme histoires venant de l’existence, parmi les plus rares qui viennent du bout du monde. Elle montre, lorsqu’elle tend a démontrer quelque chose, ce qu’il y a dans la littérature comme rêves. Elle est fertile et a été travaillée avec application, elle  a fécondé des productions abondantes et merveilleuses. 

(***) Il faut ici entendre « Génie » au sens de « Démons, Djinns, créature dotée de pouvoirs extraordinaires » 

 (*****)Allusions à des contes que nous retrouverons ultérieurement 

(*) Vizir = Ministre

(**) Wally = Gouverneur

 (****) Sultan = Monarque, autorité, pouvoir, empereur

(*) (**) (****) Pour ces titres, j’aurais pu utiliser la traduction littérale désignée ci-dessus, toutefois, il m’a semblé plus dans l’esprit du texte de consever la dénomination originelle du texte surement plus adaptée a la fonction de l’époque.

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L’AUTEUR DU LIVRE

Contes, fables, histoires…. Dans un univers occupé par les sortilèges et les sorciers, tapageur jusqu’à parvenir à un niveau élevé d’extravagance, de folie et de tumultes insolents jusqu’à l’extrême limite, c’est un fou admirable. Il est  un ressort pour la vie, la création, la sagesse et rempli d’émotion.

Aussi est-il difficile à l’esprit humain d’affirmer qu’un livre comme celui-ci est la création de l’esprit d’un seul homme, ou des rêve d’un seul homme, ou de l’inspiration d’un seul être humain.

Aussi, ce livre n’a-t-il  pas d’auteur  connu, nous en sommes arrivés  sans savoir s’il possède un auteur bien déterminé.

Comment expliquer que quand il  se nourrit d’un élément littéraire particulier, qu’il n’introduise rien de faux, ni de nouveau.

Non, il est impossible de sortir de l’histoire relatée et de ses récits extraordinaires.

Quelques critiques inclinent pour dire que la réalisation de l’auteur de ce livre ne vient pas d’un individu unique, malgré le consensus de quelques uns qui sont d’accord pour dire que l’origine  des « mille et une nuits » est Persane. 

Mohammed Ben Ishaq  * a dit:

« Abu Abd Allah Mohammed Ibn Abdûs Al-Gahšiyari, auteur du livre “Les Vizirs » a débuté la collation  d’un livre tiré de mille causeries nocturnes, parmi les causeries nocturnes Arabes, Perses (non Arabes) et Romaines et d’autres encore.  Chaque partie se tenait d’elle-même, sans être rattachée à une autre. Il convoqua les participants aux entretiens nocturnes et leur fit améliorer ce qu’ils connaissaient, et ils l’améliorèrent. Ils choisirent une classification des livres dans les causeries nocturnes et les légendes qui leurs plaisaient, et cela fut excellent. Ils se rencontrèrent ainsi pendant quatre cent quatre vingt nuits, et chaque nuit,  ils la passèrent en conversations et achevèrent la rédaction de cinquante feuilles, plus ou moins, puis le sort le brusqua et il abandonna lui-même, des mille causeries qu’il avait achevées. J’en ai vu un certain nombre,  en partie sous l’écriture de Al Hafidh Ismaîl Ibn Kathîr ad-Dimashqi Ash-Shafi’î.** » 

Certains d’entre eux inclinaient pour affirmer que l’origine du livre était Indienne, malgré l’affirmation de quelques autres qui avaient une préférence pour le Persan ou l’arabe.

Ainsi, il y avait ceux qui étaient surs qu’une production aussi  luxuriante que « les mille et une nuits » ne pouvait être identique à une production émanant de l’Orient. De même, il n’était pas admis qu’un homme seul s’en réclame, même s’il avait  l’auteur d’une production abondante, ou  qu’il en revendique la collation.

Ce livre n’est composé que  de merveilles venant de récits populaires, de différentes nationalités, avec une certaine diversité dans les buts poursuivis.  Il s’est formé dans le moule d’histoires simples, et certains l’augmentèrent, et tous ses conteurs y ont apporté leur contribution, tous y ont énoncé quelque chose qui corresponde à la morale, à la nature, et aux coutumes de l’époque, de telle sorte que nous sommes arrivés à ce qu’il est. 

Il existe de nombreux récits se rapportant à l’Inde et au Pays de Perse, et les nouvelles qu’ils contiennent tournent en totalité autour d’ esprits et de leur formation, d’histoires de génies et de fées, et de tout ce qui a trait à la vie de l’homme à son époque.

Ainsi, on trouve également des récits se rapportant à Bagdad, et de cette façon il transmet des informations sur des marchands et des esclaves, des histoires d’amours et d’amoureux, des récits de rois, de châteaux et de fastes tout comme on remarque cela dans la littérature arabe et dans les nouvelles de poètes et de conteurs.

D’autres récits nous apportent une narration parfaite qui nous informe sur les voleurs et les escrocs, les écrivains et les fonctionnaires, les femmes,  les meilleurs esclaves, et nous délivrent aussi une information sur les esprits et les génies. Des récits et histoires se référent davantage à ce qui correspond au Fatimides au temps de leur règne sur l’Egypte.

En ce qui concerne les anecdotes et les informations historiques, et notamment ce qui y a été rattaché par les poètes, les chanteurs et les hommes de lettre, elles  ont toutes  augmenté son contenu, ayant pour objectif d’en simplifier  la lecture, et elles  l’ont fait sans laisser le lecteur se lasser  de sa lecture, elles l’ont incité  à poursuivre l’histoire jusqu’à son terme, qui, cela arrive souvent, se rattache à une autre histoire, dont les conteurs nous promettent qu’elle sera un délice, et encore plus plaisante que l’histoire précédente. 

  *Ibn Ishaq :Abû `Abd Allah Muhammad ben Ishâq ben Yasâr ben Khyâr ou simplement Ibn Ishaq était un un historien traditionaliste musulman arabe (Médine vers 704-Bagdad vers 767)

   Il est connu pour avoir rédigé la première « biographie du prophète » Mahomet appelée sîra. Cette biographie ne nous est parvenue que sous la forme de la version remaniée par Ibn Hichâm connue sous le nom de Biographie du messager de Dieu, Muhammad ben `Abd Allahou La biographie du prophète ou Biographie due à Ibn Hichâm. 

**Né à Gaza, en Palestine, en 767, et mort en Egypte en 820, Muhammad ibn Idrîs Ash-Shâfi’î est le fondateur de l’école juridique qui porte son nom 

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L’ EPOQUE DU LIVRE -

SON NOM

Il est probable, selon  l’opinion de critiques et de savants, que le livre «Les Mille et une Nuits » a été élaboré entre le 13éme et le 14éme siècle.  Il existe une grande différence entre le moment ou il été publié et moment ou il a été diffusé à travers le monde. D’autres argumentent sur l’absence de citation du café et du tabac qui n’étaient pas connu avant le 15éme siècle. Quelques uns n’ont pas  trouvé  pas invraisemblable que des récits divers aient été ajoutés au livre ou bien de nombreuses nouvelles, et ce de siècle en siècle jusqu’à ce qu’il parvienne à sa forme définitive. Quelques autres sont d’avis que ce  livre est contemporain de l’achèvement du livre de Kalilah wa Dimnah, argumentant que son expression populaire est loin de la complexité littéraire, comme s’expriment à notre époque les gens du peuple.  En ce qui concerne le nom du livre, on ne l’a jamais connu réellement, et cela parce qu’il n’est pas venu à l’esprit des conteurs, ni de ceux qui y ont participé en ajoutant  au livre des récits qu’ils aimaient. Toutefois, on dit qu’il ont refusé de lui donner le nom persan de « هزار افسانه »  « hazâr ‘afsânah » (le rossignol et la légende ou le rossignol de la légende) , « Afsanâh » étant traduit en Arabe par « la légende ».  Nous avons pu constater alors que le nom connu alors était « Mille légendes ». Quant aux hommes, ils l’ont appelé par le nom de « Mille et une Nuits ». 

Pourquoi ont-ils substitué le nom de « Mille Légendes » …. Ou bien de « Mille Veillées » en « Mille Nuits », puis nous est parvenu sous le nom de « Mille et une Nuits » ? 

Ainsi, personne n’est  à même de répondre au fait qu’ils aient transformé  le nom en « Mille et une Nuits », ils ont désiré cela pour que « Shéhérazade, la fille du vizir » soit mise en situation dans leurs récits et dans leurs contes. 

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LA FORME DU LIVRE 

La forme narrative est agréable, loin de toute  complication et de tout  maniérisme, son langage est fluide et populaire, éloigné  du langage littéraire cérémonieux après que celui-ci  ait été instauré sur la terre.  

C’est un langage simple, populaire, qui pénètre les esprits de la totalité des gens qui aiment ce livre, et qui y sont  sensibles, sans avoir  recours a un quelconque  effort ni d’attendre  la conclusion de l’ensemble. Il ne contient pas  d’expressions compliquées car il serait impossible de s’y immerger et d’approfondir la compréhension de ce qu’il contient. 

La forme est simple, facile, fluide, il ne contient pas de complications, ni de sophistications. 

Cependant, a travers la lecture du livre, il n’a pas tardé à apparaître qu’il n’y avait pas un seul écrivain qui ait progressé d’une manière uniforme avec  une seule forme.

 Parfois, nous l’avons trouvé alerte, stupide ou vulgaire, d’autres fois, les expressions utilisées nous ont sauté aux yeux et  ont marqué  notre esprit, et d’autres fois encore, lorsqu’elles ont été lues dans une seconde histoire, elle ne possèdent plus  aucune émotion et ne sont plus  enthousiasmantes. 

Cependant, le style dans lequel  a été écrit le livre est un genre narratif populaire, dans lequel il était nécessaire qu’il soit écrit, de telle sorte que sa diffusion fut rapide, et sa  circulation fut flatteuse lorsqu’il se retrouva parmi les hommes.       

         Par Dieu,  Et avec sa permission

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AU NOM DE DIEU, LE CLEMENT, 

LE MISERICORDIEUX. 

Louanges à Dieu, Seigneur des Mondes, que la Bénédiction et le Salut soient sur le Maître des Envoyés, notre Seigneur Mohammed et sur son Dieu, et que l’accompagnent  la Prière et le Salut éternels et inséparables jusqu’au jour du jugement dernier.

 Les hommes ont vu les leçons que les autres ont reçues, et ils les ont prises en considération, et ils ont examiné attentivement les récits des nations anciennes, ce qui leur est arrivé, ce qui  les a handicapé, et gloire à celui qui a fait des évènements des ancêtres un avertissement pour les autres peuples.

Et parmi ces admonitions, il y a des récits qui s’appellent « Les Mille et une Nuits » et ce qu’ils contiennent comme bizarreries et légendes. 

( 4 mars, 2009 )

LA DEUXIEME NUIT

الليلة الثانية

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LA DEUXIEME NUIT 

BOUGIE 

Vois la patience de la Bougie, elle est Lumière à nos yeux et pourtant le Feu la dévore.

Lorsque la nuit approcha Dounia Zâd dit à sa sœur : 

« Oh, ma sœur, termine pour moi ton récit. » 

Elle dit : 

« Avec plaisir, si le roi m’y autorise. »

 Il dit : 

« Raconte. » 

Lorsque le vieux vit les larmes du veau, son cœur s’attendrit à son égard, et il dit au berger : 

« Garde ce veau parmi tes animaux. »  Et tout cela pendant que le génie s’émerveillait.

Puis le propriétaire de la gazelle dit :  «  Tout cela se passa tandis que ma cousine regardait, elle regarda et déclara : 

« Sacrifie ce veau car il est gras ! » 

Et cela ne m’était pas facile de l’égorger, alors j’ai ordonné au berger de l’attraper et il s’en est emparé.  Le deuxième jour, alors que j’étais assis, voici que le berger s’est approché de moi et dit : 

« Oh maître, je vais te dire une chose qui circule, car j’ai un message. » 

Je lui dis :

 « D’accord. » 

 Il dit : 

« J’ai une fille qui connaît la magie depuis son enfance, et lorsque hier tu m’as donné le veau, je suis rentré avec lui chez moi et  alors ma fille l’a observé, puis s’est couverte le visage et s’est mise à pleurer.

Puis elle a éclaté de rire et elle m’a dit :  

« Mon destin était vil chez toi jusqu’à ce que tu fasses entrer des hommes étrangers. »  Alors, je lui ai dit :

 « Quand  ai-je fait entrer des hommes étrangers,  pourquoi pleurais-tu et pourquoi t’es tu mise à rire ? »   

Alors, elle me dit : 

 « Ce veau qui est avec toi, c’est le fils du marchand, il est ensorcelé, c’est  l’épouse de son père qui l’a ensorcelé ainsi et sa mère, et ceci est la cause de mon rire.  En ce qui concerne la raison de mes pleurs, c’est à cause de sa mère, parce que son père l’a sacrifiée, et c’est à cause  de ce que tu as réalisé au lever du jour avant que je vienne pour t’informer. »  Oh génie, lorsque j’ai entendu les propos de ce berger, je suis parti  avec lui car j’étais ivre de beaucoup de joie et de plaisir  sans avoir bu de vin, et de ce qui se produirait pour moi en allant à sa maison. Alors la fille du berger m’a accueillit  à bras ouverts et me baisa la main, certifiant ce qu’elle disait au sujet de ce veau.

 Elle dit : 

« Oui, maître, votre fils a été arraché à votre affection. » 

Alors je lui ai dit : 

« Oh, jeune fille, si tu le délivre, tu  auras de ma part par l’intermédiaire de ton père des tissus imprimés et des richesses. » 

Alors elle sourit, et elle dit : 

« Ô maître, je ne désire de richesse qu’à deux conditions, la première est que tu me le donne comme époux, la seconde est que j’ensorcelle celle qui l’a ensorcelé, et que je l’enferme, car autrement je ne serai pas en sécurité à cause de  sa fourberie. »

Alors, Ô génie, lorsque j’ai entendu les propos de la fille du berger, j’ai dit :  « Tu auras un surplus par-dessus tout ce qui est sous la main de ton père comme richesse, en ce qui concerne ma cousine, je t’autorise à l’enfermer (la bâillonner) » 

Alors, elle prit  une tasse  remplie d’eau et elle résolu d’en asperger le veau. 

 Elle lui dit : 

« Si Dieu t’a créé « veau », ce procédé est stupide et tu ne changeras pas, et si tu as été ensorcelé, alors reviens à ta création première avec la permission de Dieu Le Très Haut –qu’il soit exalté. »

 Alors, voilà qu’il s’ébroua, puis redevint un homme.

Je suis arrivé devant lui et je lui ai dit :  « Par Dieu, il faut que tu me racontes tout ce que t’a fait ma nièce ainsi qu’à ta mère, narres moi tout ce qui vous est arrivé. » 

J’ai dit : 

«  Ô mon fils, Dieu a décidé de ton salut et t’a rétabli dans ton droit. » 

 Puis, oh Génie, je l’ai marié à la fille du berger et celle-ci a transformé ma nièce en gazelle, je suis venu jusqu’ici et j’ai vu ceux-ci assemblés, alors, je  les ai questionnés sur leur situation. Ils m’ont informé sur ce qui s’était passé pour ce marchand, je me suis alors assis pour étudier ce qu’il en était.   Tel est mon récit. 

Le génie dit : 

« Ce récit est merveilleux, et je t’octroierais le tiers de son sang. » 

Aussitôt, s’approchât le vieux qui était propriétaire des deux chiens sloughis et il dit : 

 « Oh seigneur des rois des génies, saches que ces deux chiens sont mes deux frères et moi je suis le troisième, et lorsque mon père est mort, il a laissé un héritage.  Nous avions trois mille dinars, alors, moi j’ai ouvert une boutique où je vends et j’achète, et pendant ce temps là,  un de mes frères voyageait pour son négoce et fut absent durant une année.  Il revint et ne possédait plus rien .  Alors, je lui ai dit :

 « Oh mon frère, as-tu acheté ce qu’il te faux avec la faiblesse de ton voyage ? »  Alors, il se mit à pleurer et dit :  « Oh, mon frère, c’est Dieu Tout puissant qui en a décidé ainsi pour moi, mais tu n’as pas d’avantage à tenir  ces propos car je ne t’avais rien promis. » 

Alors, je l’ai emmené et je suis arrivé à la boutique avec lui, puis, je suis parti en sa compagnie au hammam.  Son vêtement était une robe qui faisait partie des  vêtements les plus luxueux, et je lui ai dit :  « Oh mon frère, j’ai calculé le profit de ma boutique année après  année, et je vais le partager à l’exception du capital, entre toi et moi, j’ai fait le calcul des bénéfices du magasin et j’ai trouvé mille dinars. »   J’ai loué Dieu Tout Puissant et j’ai partagé le profit entre moi et lui et nous sommes restés entre nous durant quelques jours.  Puis mes deux frères furent pris du désir de voyager et voulaient que je voyage avec eux, ce dont je n’étais pas content, je leur ai dit :  « Qu’allez vous acquerir afin que j’en tire profit ? » 

 Etant prospère, je ne leur ai pas obéi, au contraire, nous avons continué de tenir nos magasins  et avons vendu et acheté durant une année entière.  Tous les deux m’incitaient au voyage et moi je n’étais pas satisfait de cela, jusqu’à ce que soient écoulées six années, puis j’abondai dans leur sens, et acceptais le voyage. Je leur dis : 

 « Il faut que nous comptions ce dont nous disposons comme argent. » 

Alors, nous l’avons compté et il y avait six mille dinars.  Alors, j’ai dit :  « Enterrons en la moitié dans le sol, pour qu’il nous soit utile s’il nous arrive quelque chose, et chacun d’entre nous prendra mille dinars et nous y trouverons notre compte. »  

 Ils dirent : 

« C’est un excellent jugement. » 

J’ai donc pris l’argent, l’ai divisé en deux moitiés et j’ai enterré trois mille dinars. En ce qui concerne les trois mille autres dinars, j’ai donné à chacun mille dinars, puis nous avons préparé nos marchandises et loué un bateau dans lequel nous avons transporté nos affaires. Ainsi nous avons voyagé durant un mois complet, jusqu’à ce que nous arrivions à une ville ou nous avons vendu nos marchandises et notre profit fut de dix dinars pour un dinar.  Ensuite, nous avons désiré reprendre  le voyage et nous avons trouvé une jeune fille au bord de la mer. Elle s’approcha face à moi et me dit : « Oh, Maître, possèdes tu de la charité et de l’obligeance, et est-ce que tu y satisfais ? »

 Je répondis :  « Oui ! »

 Alors, elle dit : « Maître, épouse moi, emmène moi dans ton pays et je me donnerai à toi, fais moi une faveur, parce que je fais partie de ceux qui possèdent charité et obligeance et qui y satisfont.  Mais, n’abuse pas de mon état. » 

 

( 3 mars, 2009 )

LA PREMIERE NUIT

الليلة الأولى

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LA PREMIERE NUIT

AMOUR  

Amour

Le roi donna son autorisation et Sheherazade s’approcha et dit :

  « On m’a raconté, oh roi bienheureux, qu’il existait  un marchand parmi les plus riches qui soient et qui était celui qui  faisait le plus d’affaires dans le pays. Voici  qu’un jour il enfourcha sa monture et s’en alla  pour se rendre dans un quelconque pays.  Alors, la chaleur s’intensifiant, il s’installa sous un arbre et plongea sa main dans sa besace. Il  mangea un morceau de pain.  Il y avait avec une datte, et lorsqu’il eut terminé de manger la datte, il jeta le noyau. Alors, voici qu’un  »Ifrith* » de grande stature qui tenait dans sa main une épée s’approcha de ce marchand et lui dit : 

« Lève toi afin que je te tue, à l’instar  de ce qu’a fait ce noyau à mon enfant, car celui-ci lui a porté un coup fatal sur le champ. »

 Puis, il l’entraîna et le jeta à terre.  Alors le marchand se mit à pleurer, et commença à dire : 

« Le temps comporte deux sortes de journées, Celles qui contiennent la paix, et celles qui contiennent la prudence. L’existence est divisée en deux parties, L’une est sans nuage, l’autre est sinistre.  Dis à celui qui a des revers de fortune et qui nous déshonore Est-ce que le sort ne s’obstine que sur celui qui est imprudent ? N’as-tu pas vu la mer qui monte, et qui porte des cadavres ? 

Ils cherchaient des perles dans ses extrêmes profondeurs.  Ceux qui nous ont profanés à notre époque,  Nous leur avons donné la misère du mal. Alors, dans le ciel les constellations ne sont pas nombreuses, Et seuls le soleil et la lune s’éclipsent.  Et ta foi s’embellit avec les jours où tu fais le bien,  Et ainsi, ne redoute pas ce que t’apporte le destin. » Le marchand dit au démon : 

Ô ifrith saches que j’ai des obligations, j’ai une immense fortune, j’ai aussi des enfants et une épouse, et j’ai des engagements, alors permets moi d’aller jusqu’à ma maison afin que je leur transmette tout ce que je possède comme droits, puis je reviendrai vers toi et tu feras de moi ce que tu veux.  Et le génie lui fit bon droit de cela et le libéra. Il retourna vers son pays, et exigea la présence de tous ceux qui lui étaient  attachés, et alors il transmit ses droits à sa famille, et informa sa femme et ses enfants de ce qui lui était arrivé. Ils se mirent tous à pleurer, y compris sa femme et ses enfants,  du fait de ce qui lui était arrivé.  Il leur fit ses recommandations et il resta  chez eux jusqu’à la fin de l’année, puis il se tourna, et prit son linceul sous son bras. Il  dit au revoir à sa femme, à ses voisins et à toute sa famille. 

Ce jour là était le premier de la nouvelle année. Et pendant qu’il était assis et qu’il pleurait, voici que s’approcha de lui un éminent vieillard qui avait avec lui une gazelle, celui-ci salua le marchand, l’embrassa et lui dit : « Pour quelles raisons es-tu assis à cet endroit où tu es seul et qui est le repaire d’un génie ? » Le marchand l’informa de ce qui lui était arrivé de la part de ce démon, le vieillard s’en étonna et dit : 

« Par Dieu, oh mon frère, tu n’as pratiqué qu’une foi immense, et ton histoire est une histoire extraordinaire. » Puis il s’assit à ses côté et discuta avec lui. Alors ce marchand eut une défaillance, il fut pris de craintes, de peur et d’intenses chagrins, il était accablé. Alors voici qu’un second vieillard approcha de lui. Il avait avec lui deux chiens Slooghis (lévriers arabes), c’étaient deux chiens noirs. 

Après les avoir salués, il les interrogea sur la raison pour laquelle ils étaient assis à cet endroit qui était l’antre d’un génie.  Alors ils l’informèrent de leur histoire, mais il ne demeura pas assis avec eux. A ce moment s’approcha un troisième vieillard qui avait avec lui une mule. Il les salua et leur demanda pour quelle raison ils étaient assis à cet endroit et ils l’informèrent de l’histoire. Pendant qu’ils se tenaient ainsi, voici que de la poussière s’élevait et un immense tourbillon approcha au milieu de la  savane. Le nuage de poussière laissa apparaître le génie qui tenait à la main son épée dégainée, ses yeux lançaient des éclairs et il s’approcha d’eux et entraîna le marchand et il dit : « Lèves toi que je te tue comme tu as tué mon enfant l’arrachant à mon affection. » 

Alors, le marchand se lamenta et se mit à pleurer. Les trois vieillards se manifestèrent par des cris, des larmes et des lamentations. Il s’aperçut alors que le premier des trois vieillards se plantait devant le démon et lui disait : « Oh roi des rois des génies, si je te raconte mon histoire avec cette gazelle me feras-tu don du tiers du sang de ce marchand ? » Il dit : 

« D’accord. » Le premier vieillard dit : « Saches, oh démon, que cette gazelle est ma cousine, je l’ai épousée alors qu’elle était dans son plus  jeune âge. J’ai vécu avec elle pendant trente ans et elle ne m’a pas donné d’enfant, alors j’ai pris une maîtresse qui m’a donné un enfant mâle, qui était comme s’il était la pleine lune.  Il grandit petit à petit jusqu’à ce qu’il devienne un enfant de quinze ans et alors il  se fit que je parte en voyage vers quelques villes ou je voyageais afin de réaliser  un important négoce. 

Ma cousine, qui est cette gazelle, connaissait la magie et les prophéties depuis qu’elle était petite, et elle transforma cet enfant en veau, et elle transforma également la servante qui était sa mère en vache et les confia tous les deux à un berger. Je suis revenu de voyage après un long moment, et j’ai demandé après mon enfant et après sa mère. Alors elle me dit : « Ta servante est morte et ton fils s’est échappé.  Je ne sais pas où il est parti. » 

Je me suis  assis pendant longtemps, j’étais très  attristé. La fête du sacrifice arrivait, et je me suis donc adressé  au berger afin qu’il m’attribue une vache grasse. Celle –ci était  ma maîtresse, celle que cette gazelle avait ensorcelée. J’ai alors relevé mes habits,  j’ai saisi mon couteau et m’apprêtais à l’égorger. 

Elle se mit à crier et à pleurer intensément. Alors je me redressai et j’ordonnai au berger de l’immoler, et il l’égorgea et la dépeça. Mais il ne trouva dedans ni graisse, ni chair, rien que la peau et les os. J’ai donc regretté son sacrifice et l’offrit au berger en lui disant : « Amènes moi un veau gras ! »  Et il m’amena mon enfant qui avait été transformé en veau. Et lorsque celui-ci m’aperçut, il rompit ses liens et se mit à pleurer. 

J’ai été pris de compassion pour lui et j’ai dit au berger : « Apporte-moi une vache et laisse celui-ci. » Shéhérazade arrivât au matin et cessa les propos qui lui étaient autorisés, alors sa sœur lui dit : « Je n’ai pas trouvé ton récit doux, charmant, savoureux et tendre. » 

Elle lui dit :  « Ceci est dans ce que je vous raconterai la nuit prochaine si je survis et si le roi me garde. » « Je ne la tuerai pas tant que je n’aurai pas entendu la suite de son histoire. »   Ils passèrent donc la fin de cette nuit enlacés, puis le roi sorti respectant la faiblesse de sa décision, et alors survint le vizir avec un linceul sous le bras. Mais le roi ne l’informa de rien à ce sujet et il en fut extrêmement surpris. Alors, le diwan (**) s’agita car le roi entrait dans son château. 

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* Ifrith = Génie, démon, créature aux pouvoirs surnaturels et le plus souvent maléfiques

** Diwan  = administration des sultans, conseil des ministres, conseil de gourvenement.

 

( 28 février, 2009 )

HISTOIRE DU ROI SHAHRIYAR ET DE SON FRERE SHAHZAMAN

sheherazade 

HISTOIRE DU ROI SHAHRAYAR ET DE SON FRERE SH AHZAMAN

shahrayar 

On raconte, et Dieu sait ce qui s’est passé, que dans les temps anciens, les siècles et les époques précédents, il y avait un roi au  Royaume Sassanide * qui avait eu deux fils, l’un était grand de taille et l’autre menu. 

C’étaient deux cavaliers courageux, mais le grand était  meilleur cavalier  que le plus jeune c’était lui le roi du royaume et il rendait la justice avec équité parmi les hommes. Son nom était le roi Shahrayar. Le nom de son frère cadet était Shahzâman, et celui-ci  était roi de Samarkande la Perse **. 

Les choses se déroulaient correctement dans leurs deux royaumes, chacun dans son royaume agissait avec  une autorité équitable sur ses sujets et ceci pendant vingt années. Cela dura jusqu’à ce que l’aîné eut envie de voir son frère, alors,  il ordonna à son vizir de partir chez lui. Celui-ci s’en alla, afin d’arriver et d’entrer chez son frère. Il lui transmit  son salut et l’informa que son frère le désirait et aspirait à ce qu’il lui rende visite. 

Il répondit favorablement à ce qu’il avait entendu, y consentit et se prépara au voyage. 

Il installa son vizir comme gouverneur du pays et partit pour répondre à la requête de son frère. 

Lorsqu’il se trouva au milieu de la nuit, il se souvint d’une chose qu’il avait oubliée, il fit demi-tour  et entra dans son château.  Il y trouva sa femme couchée dans son lit, enlacée avec un de ses esclaves noirs. Le monde s’assombrissait face à lui et il dégaina son épée, frappa les deux et les tua dans le lit. Puis il ressortit aussitôt et ordonna le départ. 

Il marcha jusqu’à ce qu’il parvienne à la cité de son frère.

Son frère heureux de sa venue, fut au comble de la joie. Il avait décoré la ville à son intention. Alors il s’assit avec lui et discuta avec bonne humeur. 

Mais le roi Shahzâman se souvenait de l’affaire de sa femme et il débordait de chagrin, son teint  était devenu  jaune et il s’amaigrissait.

Lorsque son frère le vit dans cet état, il se dit en lui-même que cela était du à l’éloignement de son pays et de son royaume, et il en négligea  la cause et ne l’interrogea point à ce sujet. 

Puis, un beau jour, il lui dit :

« Je voudrais que tu acceptes de venir avec moi à la pêche et à la chasse, et alors peut-être que ton cœur s’en trouvera soulagé. »  

Mais il refusa.

Alors, il partit seul à la chasse. 

Son frère se tenait dans le château à une fenêtre qui donnait sur le jardin et il observait. Soudain la porte du château s’ouvrit. Il en sortit vingt servantes et vingt esclaves, et la femme de son frère marchait parmi eux. Elle était d’une extrême beauté et très charmante. Ils arrivèrent à une vasque de marbre,  enlevèrent leurs habits et s’assirent les uns avec les autres. 

Alors, la femme du roi dit : 

« Ô Mas’oud! » 

Un esclave noir vint vers elle, il l’embrassa et elle l’embrassa, puis il lui fit l’amour, et le reste des esclaves fit de même avec les servantes. Ils continuèrent ainsi jusqu’à ce que le jour disparaisse, et lorsque le roi vit ce qu’il en était, il ne fit plus cas de ce qu’il avait comme peine et comme chagrin, et il se remit  à  manger et à boire. 

Après cela, son frère rentra de son voyage. Ils se saluèrent mutuellement et le roi Shahrayar observa son frère Shahzâman qui avait retrouvé ses couleurs et dont le visage s’était empourpré car il s’était remis à manger avec appétit. 

Il s’en émerveilla et lui dit : 

  « Je t’ai vu avec le teint blême, et maintenant tu as retrouvé tes couleurs, alors parles  moi de ton état. » 

 Il lui dit : 

 « Mon frère, lorsque tu m’as envoyé ton vizir pour me demander de me présenter devant toi, j’ai préparé tout mon équipement et je suis venu en hâte depuis ma ville. Mais, je me suis souvenu de  pierres de couleur que j’avais acquises à ton intention et qui étaient restées dans mon château.  J’ai  donc fait demi-tour et j’ai trouvé mon épouse avec un esclave noir qui dormait dans mon lit, et je les ai tués tous les deux. Puis je suis venu vers toi, et j’étais songeur au sujet de cette affaire. Ceci  est la raison du changement de mon teint et de mon amaigrissement.  En ce qui concerne le retour de mes couleurs, j’ai de l’aversion à te l’évoquer. » 

Son frère Shahzâman lui dit : 

« Fais semblant  de t’en aller à la pêche et à la chasse, et caches toi chez moi, ainsi tu seras témoin et le vérifieras par toi-même. »

 Alors,le roi proclama aussitôt le départ. Les militaires sortirent avec des tentes  en dehors de la ville et le roi sortit également. Puis il s’installa dans sa tente, se travestit et revint déguisé vers le château ou se trouvait son frère. Il  s’installa à la fenêtre donnant sur le jardin pendant une heure de temps et alors les servantes et leur maîtresse entrèrent accompagnées des  esclaves,  ils firent ce qu’avait dit son frère, et continuèrent ainsi en direction du château. 

Quand le roi Shahrayar vit cette chose, il perdit la tête et dit à son frère Shahzâman : 

« Restons ensemble, nous voyagerons afin de changer de voie, car il n’est pas utile que nous soyons  roi tant que nous n’aurons pas vu  s’il est advenu une chose semblable à quelqu’un ou non.  Il serait préférable pour nous que nous soyons morts que vivants. » 

  Il l’approuva pour cela. 

Puis, ils sortirent par une importante porte du château et voyagèrent jusqu’à ce qu’ils arrivent à un arbre situé au milieu d’une prairie a proximité d’une source d’eau, proche de la « Mer Morte « .

Ils burent à cette source, s’assirent et se détendirent. Lorsque une heure se fut écoulée au cours de la journée, et pendant qu’ils étaient à la mer, voici que  celle-ci se déchaîna, et qu’il en jaillit une colonne noire montant vers le ciel. Elle se dirigea tout droit en direction de cette prairie.

Lorsqu’ils virent cela, ils prirent peur et montèrent au sommet d’un arbre  de grande hauteur, et ils se mirent à observer comment étaient les nouvelles.

C’est alors qu’un génie de haute taille à la tête énorme, avec une ample poitrine, qui portait sur la tête une  malle surgit sur le rivage, puis vint à proximité de l’arbre où ils étaient montés tous les deux et s’installa en dessous.

Il ouvrit la malle, en sortit une caisse dont sortit une jeune fille attirante et resplendissante.  Elle était lumineuse comme le soleil.

Alors, le génie la regarda et lui dit :  « Madame, vous qui êtes toute de soieries et que j’ai kidnappée la nuit de son mariage, je voudrais dormir un peu. » 

Puis, le génie posa sa tête sur ses genoux et s’endormit.

 Alors, elle leva la tête en direction du sommet de l’arbre et elle vit les deux rois. Elle enleva la tête du génie de sur ses genoux et la posa sur le sol. Elle se dressa en dessous de l’arbre et leur dit en leur faisant signe : 

« Descendez et ne craignez pas ce démon.»

Alors, ils descendirent vers elle et elle se leva en leur honneur et se mit à  parler en se reculant. Elle sortit de sa poche une bourse et en retira un collier qui contenait cinq cent soixante dix anneaux, et elle leur dit :

 « Savez-vous ce que c’est ? » 

Ils lui dirent : « Non, nous ne le savons pas. » 

Elle leur dit :

« Les propriétaires de ces anneaux m’en ont fait don à l’insu de ce démon, alors vous deux, donnez m’en deux autres. » 

Alors, ils lui donnèrent les anneaux de leurs doigts, puis elle leur dit :

« Ce démon m’a enlevée la nuit de mes noces, puis m’a déposée dans cette caisse, il a mis la caisse à l’intérieur de la malle et a posé dessus sept cadenas, puis il m’a déposée au fond de la mer grouillante et démontée par ses vagues.

Il ne savait pas que si la femme est bienveillante, lorsqu’elle désire une chose, rien ne triomphe d’elle. »

Ils furent extrêmement émerveillés.

Ils la quittèrent sur l’heure et s’en retournèrent en direction de la ville du roi Shahrayar, et entrèrent dans son château.

Alors il se jeta au cou de son épouse ainsi qu’au cou des servantes et des esclaves, puis il advint que chaque fois que le roi Shahrayar prenait une jeune fille vierge, il lui enlevait sa virginité et la tuait à la fin de la nuit.

Il continua ainsi durant trois années, alors les gens en faisaient grand bruit et les jeunes filles s’échappaient. Il ne resta plus en ville une seule jeune fille qui puisse supporter la copulation.

Le roi ordonna à son vizir d’amener une jeune fille, comme d’habitude.

Il chercha minutieusement, mais ne trouva aucune jeune fille, alors il s’en retourna à son domicile. Il était très en colère, abattu, craignant pour lui-même de la part du roi. 

Le vizir avait deux filles éblouissantes de beauté, de grâce et de splendeur. 

La plus grande s’appelait Shéhérazade et la cadette  Dounia Zâd. 

L’aînée avait lu des livres, des chroniques portant sur l’évolution des anciens rois et les annales des communautés anciennes.

 Alors elle dit à son père : 

« Il me semble que tu es agité, que tu es soucieux et que tu as de la peine ? » 

Il lui conta ce qui lui arrivait du début à la fin avec le roi, et elle lui dit : 

 « Par Dieu, oh mon père, marie moi à ce roi, soit je subsisterai, soit je serai un sacrifice pour les jeunes filles de la ville, un motif pour leur libération d’entre ses mains. » 

Alors il lui dit : 

 « Ne t’y aventure pas. » 

 Elle répondit : 

« Cela est inévitable. »

Le vizir s’empressa d’apprêter sa fille et il  surgit avec elle chez le roi.

  Elle avait fait ses recommandations à sa sœur cadette en lui disant : 

« Lorsque je me rendrai chez le roi, je réclamerai après toi, et lorsque tu viendras dis : 

« Oh, ma sœur, Racontes nous une des histoires avec lesquelles nous passions la nuit. » 

Alors, je te raconterai une histoire qui sera notre salut, si Dieu le veut. » 

Puis, lorsqu’elle se trouva en présence du roi, elle se mit à pleurer. Le roi l’interrogea à ce sujet, et elle l’informa qu’elle désirait faire ses adieux à sa sœur. 

Le roi fit alors quérir sa sœur.

Une fois tous ensembles, ils s’installèrent pour discuter et sa sœur s’empressa de lui dire :

« Par Dieu, oh petite sœur, il faut que tu nous racontes une des histoires avec lesquelles nous passions nos nuits à veiller. » 

Alors, elle dit : 

« Avec grand plaisir, si le roi me prête l’oreille. » 

 

sincerite

Sincerite

 

*Les Sassanides Dynastie qui régna en Perse du IIè siècle après J.-C. jusqu’à la conquête arabe en 651. 

**Samarcande, parfois écrit Samarkand (forme anglaise) (ouzbek : Samarqand, tadjik : Самарқанд, russe : Самарканд, perse : سمرقند), population 400 000 habitants, est une ville d’Ouzbékistan, capitale de la région de Samarcande (Samarqand Viloyati). Son nom signifie probablement « lieu de la rencontre » ou « lieu du conflit » (samara : rencontre, conflit en sanskrit, kand, kent : ville, terme centre-asiatique) et illustre bien sa position à la limite des mondes turc et persan

( 23 février, 2009 )

AVANT PROPOS

 SHEHERAZADE

 

Avant de publier le premier article, je tiens a exprimer mes motivations pour  ce blog.

Ceci est le resultat de longs mois de travail, qui se soldera au bout du compte par surement plus de Mille et Une Nuits d’études, mais ô combien gratifiantes et enrichissantes.

Aprés m’être livré a l’apprentissage de manière autodidactique de cette complexe et magnifique langue qu’est l’arabe, je me suis lancé dans cette folle aventure qu’est la traduction de Alfu Laila wa Laila – Les Mille et Une Nuits.

Point de profit financier, mais quel enrichissement personnel.

A une époque où le monde arabe est tant décrié, parce que mal connu ou connu seulement a la sauce TF 1, j’ai déambulé des nuits entières dans les rues de Bagdad, de Damas, de Alep, de Jerusalem etc…..

J’ai bien sur rencontré Shéhérazade puisqu’elle fut ma compagne nocturne (en tout bien tout honneur), mais aussi  le roi Shahrayar, Douniazad la soeur de Shéhérazade, et encore bien d’autres héros dont tout le monde a peu ou prou entendu parler.

J’ai découvert l’étendue de la richesse de la littérature et de la poèsie arabe ainsi que l’immensité des connaissances de ces peuples.

Ces traductions m’on fait découvrir un autre monde, découvrir d’autres cultures, ont élargi mon  horizon intellectuel.

Je suis certain aujourd’hui de penser différement d’il y a quelques années.

Je suis un homme différent.

Je suis presque a la moitié de l’ouvrage et j’éprouve maintenant le besoin de le publier, bien sur nul éditeur ne peut s’y interesser , a part moi et à la rigueur quelques proches.

Ce n’est pas la traduction d’un ouvrage maintes fois traduit et réécrit, c’est seulement MA TRADUCTION A MOI.

Ceux qui me feront le plaisir de me lire se montreront bienveillants a mon égard, je ne suis pas écrivain, et de plus je souhaite respecter l’esprit du livre, donc cela donnera forcément quelques imprécisions en français ou quelques imperfections de langages, mais traduire c’est trahir dit-on.

Voilà, tréves de palabres, place à l’action

 

SHEHERAZADE

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